DANSES NOËTIQUES    

 

Performance audiovisuelle et danse

A l’heure où le transhumanisme se veut religion, où les distanciations sociales nous rendent captifs de plateformes capitalisant sur notre attention, et où une surveillance de masse est rendue possible par des algorithmes, l’empreinte des technologies virtuelles sur nos existences semble bien réelle.

Une influence qui pourrait n’être considérée que comme néfaste ou géniale dans un spectre médiatique biaisé, polarisant, entre peur et fascination. Mais au-delà des lectures dystopiques,


un rapport mature à la technologie peut se considérer. Le philosophe Bernard Stiegler appelait Pharmakon la dualité des techniques. Ni bien ni mal, mais les deux à la fois. Ni totalement réel ou virtuel, notre rapport au monde se fait muni d’outils, au prix de leurs artefacts. Les outils technologiques utilisés ici sont pluriels, avec notamment l’utilisation d’intelligences artificielles dans les différents média imbriqués : à la musique, des algorithmes génèrent des voix synthétiques, ou isolent des acapellas d’un autre siècle pour se fondre à des compositions synthétiques ; aux visuels, par la génération de tableaux mouvants issus de la rêverie sémantique d’un réseau de neurones, ou encore par la détection automatique du corps du danseur par une caméra couplée à des algorithmes de computer vision, permettant alors la genèse d’un jumeau numérique. Par l’utilisation de ces algorithmes, un message : s’approprier les techniques, plutôt que les subir.

Ce projet est une interprétation poétique de ce rapport complexe au monde via les technologies, par la communion de 3 univers : musiques électroniques, visuels 3D et danse hybride, conjuguées via une performance commune de 3 artistes : Noesis aux musiques électroniques, Alexandra Radulescu, artiste visuelle, par la création d’un environnement 3D interactif utilisant le motion capture, et enfin Thomas Ballèvre, chorégraphe et danseur interprète incarnant cette dualité réel-virtuel par son interaction avec son jumeau numérique.

Cette performance est dédiée à la communauté ouïghour, victime d’une techno-dictature d’un genre nouveau représentée par le pouvoir chinois, maquillant par une vaste campagne de désinformation, ce que la convention de Genève qualifie de génocide.

Thomas Ballèvre : chorégraphie, interprétation

Paul Herent / Noesis : musique électronique live

Alexandra Rădulescu : visuels interactifs 3D live.

Dates 2021 :

• Captation, Krispy Records, Croissy sur Seine, 7 mars 2021
• Captation, La Station Gare des Mines, Paris, 27 mars 2021
• Performance, Festival Scénoscope, MC93, Bobigny, 10 juin 2021 • Performance, Fondation Fiminco, Paris (en cours)
• Performance - live streaming, Threads Radio, Londres (en cours)

Vidéo / captation : https://vimeo.com/539945294

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AUTOPILOT    

 

AUTOPILOT est une série d’œuvres d'art explorant les réflexes archaïques en milieu festif par différentes méthodes pour atteindre ce que nous pouvons appeler l'état de pilotage automatique. C'est une recherche sur la danse considérée comme un instinct primaire, un travail autour de la déconstruction du mouvement conscient, donnant naissance à une danse non performative au sens virtuose du terme. Une interprétation de cet état dissociatif à travers différents domaines tel que les sciences et la religion (transe, hypnose). Un travail qui pose les question de la transposition de l'univers clubbing sur scène, la place du contexte environnant dans la perturbation physique et psychique et de l’immersion pour atteindre cet état : grâce à une collaboration avec de nombreux artistes aux disciplines variées comme la musique, la technologie, la vidéo ou bien la littérature. Qu'est ce que cela implique dans le mouvement.

https://projet-autopilot.com/

https://lamanufacture.org/spectacle/danse-en-residence/

 

SUPER[P]OSER

 

Œuvre performative pour un danseur

Vidéo : Pablo Albandea  -  pabloalbandea.com/

 

Inspiration de danse Butô ; le mouvement lent, le mouvement profond; celui qui ronge de l'intérieur. Imaginez vous être un kiwi et qu'une cuillère vous évide tout doucement sans que celle-ci ne soit visible physiquement de l’extérieur. Qu'est ce que cela produirait en vous ? Que laisser paraître de ce qu'il se passe au plus profond de nous ?

Jeux d’ambiguïté et de transparence. Pouvons-nous vraiment nous fier à ce que l'on voit ? Thème de la sexualité, de la religion, de la possession, du mal, du bien et de la morale. Quelque chose devient osée quand elle sort des normes, mais ces normes sont définies par la morale qu'elle soit générale ou personnelle.

Que montrer réellement?

Être transparent/honnête jusqu'à quel point?

Pouvons-nous vraiment nous fier à ce que l'on voit?

QUAND LA DENT TOMBA

 

Pièce pour quatre danseurs : Laure-Anne Segers, Mourad Bouayad, Laura Dufour, Lola Atger

Durée : 10 minutes

 

Inspiré du film Canine (Kynodontas) de Yorgos Lanthimos.

 

La pièce emprunte l'idéologie de ce film, devenu des règles et des chemins de penser/danser pour les interprètes. Elle développe les différents concepts suivants: la famille, l'inceste, l'enfance, le jeu, la mutilation, la sexualité, l'innocence, ou encore l'éducation.

Quand la dent tomba traduit ce dernier par la liberté encadrée des interprètes. Ils ont du faire table rase de ce qu'ils connaissaient auparavant, pour cultiver un nouveau sens de qu'est-ce-que "danser", en se basant uniquement sur ces nouvelles règles. Une réappropriation guidée des mouvements primaires.

Ici la chorégraphie est le fruit de ces nouvelles réflexions, en décalage du sens commun; les mots ont une définition différente, les rapports sont changés, l'absurdité nourrit cette pièce et en justifie l'intérêt.

Les quatre interprètes interagissent sous l'effet du hasard; l'esthétique de la pièce en est marquée et propose une représentation singulière. Une expérience unique à chaque représentation.

« Je cherche juste une émotion bizarre dans une gamme variée d'émotions. » YORGOS LANTHIMOS